Leçon 8 : choix des coefficients de lissage
Comment choisir les coefficients de lissage ?

La recherche d'une explication des fluctuations d'une chronique à l'aide d'autres séries sert de cadre général aux méthodes exogènes. Dans ces leçons 8 à 13, sont décrits les aspects méthodologiques fondamentaux. Nombre de variables économiques sont liées entre elles : l'exemple le plus classique est celui de la relation existant entre consommation et revenu. A l'intérieur d'un secteur d'activité, d'un marché ou d'une firme, des relations peuvent également être mises en évidence.

Les exemples ne manquent pas, comme nous le verrons dans les exercices consacrés aux applications : ventes expliquées par des logements demandés, des taux d'intérêt, des dépenses publicitaires, des variables climatiques, des promotions … Il s'agit de l'ensemble des données suivies par les économistes d'entreprise, les prévisionnistes et les chefs de produit.

Le but de ce qui suit est de présenter la notion de corrélation, puis les méthodes de régression simple et multiple qui permettent :

  • d'obtenir la quantification, aussi précise que possible, de la liaison entre la série que l'on cherche à prévoir et la série ou les séries explicatives,
  • de déterminer la précision de cette quantification afin de savoir quelle confiance accorder aux facteurs explicatifs.

Première méthode

Principe

C'est la technique de calcul la plus couramment employée, son principe est simple : pour un intervalle donné de valeurs de   avec un « pas » assez fin (0,1 par exemple), les prévisions sont simulées et la somme des carrés des erreurs de prévision est alors calculée. Nous retenons la valeur de    qui rend minimum la somme des carrés des écarts. Cette technique peut être généralisée pour la détermination des trois coefficients (   ). L’utilisation du « SOLVEUR » sur les tableurs permet sans trop de difficultés de résoudre ce problème.


Cette technique de détermination du coefficient de lissage est optimale selon le critère des moindres carrés. Si nous sommes certains de trouver le meilleur coefficient sur l'ensemble de la période de l'estimation (c'est–à–dire sur le passé), nous ne sommes plus du tout certains d'être à l'optimum au moment où la prévision est calculée. La méthode suivante pallie cet inconvénient.

Deuxième méthode

Principe

La valeur optimale résulte d'un compromis entre l’inertie liée à l'intégration de données lointaines et la sensibilité aux valeurs récentes.

En cas d'erreur de prévision constatée, deux interprétations sont possibles :

  • il s'agit d'un accident, le coefficient doit alors diminuer afin de gommer l'effet de cette valeur anormale
  • il s'agit d'une rupture de tendance durable, le coefficient doit être augmenté afin d'intégrer plus rapidement cette rupture.

L'arbitrage est délicat entre ces deux hypothèses.

Prenons l’exemple d’une chronique de ventes qui connaît deux perturbations :

  • une rupture de tendance à partir de la période 13
  • une valeur anormale pour les périodes 25 et 26.

Pilotage du coefficient de lissage

Exemple de régulation dynamique du coefficient de lissage

Si    = 0,1 : la réaction au changement de tendance et le réajustement sont longs. En revanche, ce coefficient permet d'effacer de façon très satisfaisante la perturbation,

Si   = 0,5 : le système s'ajuste bien et vite à la nouvelle moyenne mais sa sensibilité le fait réagir trop fort à la perturbation.

L’idéal est donc un coefficient susceptible d’évoluer au cours du temps ! La procédure de contrôle du coefficient répond à cette question.

Leçon 8 : choix des coefficients de lissage